savoir faire

Savoir-Faire : Réunir deux colonies faibles


Deux colonies faibles par manque de population vont végéter et le plus souvent finir par périr l'une et l'autre. Aussi, à l'automne, avant la période difficile de l'hivernage, est-il conseillé de les réunir. Une des deux reines sera éliminée, mais ainsi renforcée, une des deux colonies optimisera ses chances de se pérenniser et de se développer pour produire du miel.

1. Tôt le matin, avant l'envol des butineuses ou la veille au soir, vous aurez obturé l'entrée de la ruche dont le corps sera posé sur la receveuse. Une simple mousse (comme celle utilisée pour la transhumance) fait l'affaire.

2. Rapprochez les deux ruches et préparez une feuille de journal pour séparer temporairement les deux colonies.

3. Retirez délicatement le couvre cadres de la ruche receveuse. Enfumez légèrement pour inciter les abeilles à descendre.

4. Etalez la feuille de journal à la place du couvre cadres, pour retarder les échanges et éviter l'agressivité entre les deux colonies.

5. Incisez légèrement la feuille de papier pour favoriser le passage des abeilles et les échanges de phéromones entre les deux colonies.

6. Dégrafez la fixation entre le corps et le plancher de la ruche qui sera placée sur la receveuse.

7. Retirez au dernier moment le morceau de mousse utilisé pour fermer l'entrée de la ruche.

8. Placez aussitôt le corps de ruche sur celui de la receveuse. Reposez le toit. Lors de la réunification de deux colonies faibles, les populations de la ruche supérieure, profitant des interstices créés dans la feuille de papier journal, descendent rapidement. Et très vite, la confrontation entre les deux reines est inévitable. Une des deux, la plus faible, est naturellement sacrifiée par la plus forte. Aussitôt, les populations des deux ruches d'origine reconnaissent la reine victorieuse et se mettent à son service. Il ne restera plus, quelques jours plus tard, à retirer les cadres sans intérêt du corps du bas et à les remplacer par les cadres utiles du corps du haut, dotés de couvain ou de miel et de pollen. Dopé par l'afflux d'ouvrières et un nourrissement stimulateur, la reine augmentera sa ponte.

Sources : H. Clément "Les bons gestes de l'apiculteur"

APIDISTRIBUTION : lettre de septembre

 

savoir-faire:la lutte contre le varroa


Depuis son installation en France au début des années 80, l'acarien Varroa destructor cause de nombreux dégâts sur les colonies. La varroase et son cortège de virus associés sont identifiés par les scientifiques comme une cause majeure des affaiblissements et des pertes de colonies. Différents moyens de lutte sont utilisés par les apiculteurs pour traiter la varroase. Cinq médicaments sont disponibles sur le marché français (Apiguard®, Apilife var®, Thymovar®, Apivar® et Apistan®), dont les trois premiers sont utilisables en agriculture biologique. D'autres moyens de lutte existent, à base de préparations extemporanées d'acide formique ou d'acide oxalique autorisées en agriculture biologique, ou qui utilisent les mêmes substances actives que celles des médicaments existants (amitraze, taufluvalinate, thymol). Notons que l'utilisation de ces préparations pour lutter contre Varroa a toujours précédé la mise sur le marché de médicaments spécifiques. Les raisons aboutissant au choix d'une stratégie de traitement sont multiples : recherche d'efficacité, praticité d'emploi, respect d'un cahier des charges (AB), choix des substances employées au regard de la qualité du miel (résidus), aspect économique, nécessité de traiter en saison pour réduire la pression Varroa... Le choix de la prise en compte de ces différents aspects (parfois opposés), sont propres à chaque apiculteur. Pour le thymol et les acides organiques, l'efficacité varie en fonction des conditions d'emploi (température, présence ou non de couvain...) et nécessitent de combiner les traitements afin d'assurer un niveau de protection suffisant aux colonies. Dans ces cas, le traitement principal permet de réduire autant que possible la pression Varroa en fin de saison pour permettre à la colonie d'élever des abeilles d'hiver saines. La deuxième intervention doit permettre un nettoyage suffisant de la colonie pour protéger la colonie tout au long de la saison suivante. Dans certaines situations (défaut d'efficacité du (des) traitement(s) réalisé(s), conditions particulièrement favorables au développement de la varroase), des traitements supplémentaires sont nécessaires, en début ou en cours de saison. Le choix du traitement par l'apiculteur dépend de ses conditions d'emploi (temps disponible avant la miellée suivante afin de réintroduire la colonie dans un circuit de production, présence de couvain, etc.). Ces interventions doivent être raisonnées afin de ne pas multiplier les traitements, en prenant en compte le risque pour les produits de la ruche, le coût des applications, l'impact sur les abeilles, l'accumulation de produits dans les cires, etc.

sources : http://www.itsap.asso.fr/

ICKO: lettre de septembre